La «success story» du reboisement à La Citadelle

La Citadelle se situe sur une colline connue comme la Petite Montagne. Ses flancs abritent onze hectares de forêts. La Fondation Ressources et Nature fait le point sur les efforts de reboisement qui y sont entrepris.

C’est un projet que le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, qualifie de « success story » (voir plus loin). Entamé par la Fondation Ressources et Nature (Forena), il y a 12 ans, le reboisement des onze hectares de forêts qu’abritent les flancs de la Petite Montagne, la colline sur laquelle est perchée La Citadelle, est en bonne voie. « Il nous reste maintenant deux à trois hectares à combler pour que La Citadelle retrouve son allure d’antan », indique le président, Manoj Vaghjee.

Initialement, explique-t-il, Forena avait lancé un projet pilote sur 2,5 hectares. « Au fil des années, nous avons pu mettre en terre des plantes endémiques sur huit hectares de forêts », se réjouit-il. Les plantes endémiques sont, en effet, privilégiées car non seulement elles retiennent mieux la terre que les plantes exotiques, luttant ainsi contre l’érosion, mais elles permettent aussi de maintenir le microclimat de la capitale.

La gestion de La Citadelle tombant sous la tutelle des ministères du Tourisme, de l’Agro-industrie, des Infrastructures publiques, des Collectivités locales, de l’Environnement et des Arts et du patrimoine culturel, notamment, c’est le GEF Small Grants Programme de l’United Nations Development Programme (UNDP) qui s’est chargé des autorisations nécessaires. « Depuis, nous bénéficions aussi du soutien de plusieurs parties prenantes ayant à cœur la protection de l’environnement. »

Plusieurs millions de roupies ont été investies depuis ces 12 dernières années. « Par hectare, ça coûte environ Rs 1,4 million pour le nettoyage, y compris le remplacement des plantes vu que le taux de mortalité tourne autour de 50 % », souligne Manoj Vaghjee. Grâce à ce projet de reboisement, la perte des plantes remplacées est passée à uniquement 5 % au fil des années. Ce qui démontre que les efforts de Forena n’ont pas été vains.

(De g. à dr.) Pamela Bapoo-Dundoo de l’UNDP, Delphine Ahnee, la COO de la MUA, Manoj Vaghjee, le président de Forena, le ministre Kavy Ramano et le lord-maire Mahfooz Moussa Cader Saib.

La MUA finance le reboisement sur un hectare

Le jeudi 21 avril, en collaboration avec le GEF Small Grants Programme de l’UNDP, le ministère de l’Environnement et la mairie de Port-Louis, entre autres, Forena a procédé à la mise en terre d’une trentaine de plantes endémiques sur un hectare de la Petite Montagne. La Mauritius Union Assurance (MUA) financera ce projet sur les quatre prochaines années.

« La MUA engage aussi son personnel pour nous aider à faire de ce reboisement un succès », précise Manoj Vaghjee. Ce que confirme Delphine Ahnee, la Chief Operating Officer de la compagnie d’assurance. Elle avance que la compagnie, par le biais de la Fondation Mauritius Union Ltd et ses employés, s’engage activement dans ce projet de reboisement à La Citadelle. L’objectif est de faire des lieux, le poumon vert de Port-Louis.

Le ministère de l’Environnement et la mairie de Port-Louis se chargeront de l’entretien.

Les plantes endémiques mises en terre

Les plantes endémiques qui ont été mises en terre à La Citadelle et remises aux participants soutenant ce projet.

Des chercheurs de l’université de Maurice ont identifié une cinquantaine de plantes endémiques que l’on pouvait jadis trouver sur la Petite Montagne. Des efforts sont faits pour les remettre en terre, avance Manoj Vaghjee.

À ce jour, on en compte une trentaine. « Bois de chandelle, bois de reinette qui sent la pomme, bois de mapou, bois d’ébène blanc parmi tant d’autres », fait savoir le président de Forena.

Quand la vingtaine de plantes restantes seront-elles mises en terre ? Il faudra patienter, répond-il. Car certaines ne tiennent pas au soleil. À titre d’exemple, le bois d’ébène noir qui requiert plus d’ombre.

Ces plantes proviennent d’une pépinière mise en place à la prison de Petit-Verger et de celles du ministère de l’Agro-industrie. « Nous prévoyons d’autres projets de pépinières similaires à celle de la prison des femmes de Beau-Bassin et dans La Vallée de Ferney pour aider les personnes qui ont été affectées par la Covid-19 et la tragédie du Wakashio à acquérir des compétences dans le domaine et, plus tard, en faire un métier. Nous prévoyons aussi de mettre en place ce projet à Rodrigues », dit Manoj Vaghjee.

Forena sur plusieurs fronts

Forena travaille sur plusieurs projets environnementaux. Outre la Petite Montagne, elle s’attelle au reboisement d’une partie du Parc national. L’ONG contribue également à la mise sur pied de clubs environnementaux dans les écoles. « Forena a aussi initié la certification bio par rapport à l’agriculture biologique dans le pays », soutient Manoj Vaghjee.

Projet de verdissement de l’autoroute M1-M2

Le reboisement de la partie de la Petite Montagne qui donne sur Vallée-Pitot est une véritable « success story », selon le ministre de l’Environnement. Kavy Ramano annonce, dans la foulée, que les lieux seront bientôt dotés d’un parcours de santé.

Maurice, rappelle-t-il, est vulnérable au changement climatique. « Si nous ne prenons pas des initiatives, nous nous retrouverons dans des situations compliquées dans les années à venir. » La protection de l’environnement et la transition vers les énergies renouvelables font partie de ces initiatives.

Tout comme le projet qu’entreprend actuellement le ministère de l’Environnement, soit le verdissement de l’autoroute M1-M2. « Ça commence du rond-point de Plaisance dans le sud jusqu’au rond-point de La Croisette. Ce tronçon a été divisé en 32 segments. Le financement d’une dizaine de segments a été sécurisé. D’autres collaborations seront toutefois nécessaires pour les segments restants. »

L’objectif, dit Kavy Ramano, est de préserver l’écosystème tout en respectant le microclimat de cette partie de l’île en y plantant les types de plantes nécessaires. Il appelle à la collaboration de tout un chacun pour mener à bien ce projet.

D’autre part, poursuit-il, un Memorandum of Understanding a récemment été signé avec la Beach Authority pour la réhabilitation des plages avec des plantes endémiques. En sus de ce type de plantes, observe Kavy Ramano, des plantes médicinales et des arbres fruitiers adaptés aux régions concernées peuvent être mis en terre. « Ce sont de véritables atouts pour le pays, tant sur le plan nutritionnel qu’économique. »