Bel-Ombre : la promesse verte

Au cœur du sud de Maurice, Bel-Ombre se dévoile comme une perle rare. C’est un écrin de verdure préservée où la nature danse au rythme du vent. Ce dimanche, découvrez avec nous cette odyssée naturelle et durable.

Exploration de la réserve naturelle

Un beau matin d’octobre ensoleillé. Après un café Chamarel à « Enba Pie », direction le centre d’accueil de la Bel-Ombre Nature Reserve. Les formalités d’usage complétées, nos bonnets d’hygiène bien ajustés et nos casques solidement fixés, nous sommes prêts pour découvrir ce joyau naturel signé par Rogers Hospitality.

C’est à bord d’un « buggy double » que nous allons explorer les lieux et nous écoutons attentivement les explications et consignes de sécurité de notre guide, Akash. Cette aventure durera deux heures.
Les panneaux informatifs nous offrent un aperçu de la faune et de la flore de la Réserve naturelle de Bel-Ombre. Avec un peu de chance, nous pourrions croiser la Crécerelle de Maurice, l’Echo Parakeet, le Pink Pigeon, le Fly Catcher, le Day Gecko et même quelques cerfs, sans oublier la multitude de plantes endémiques.

Notre chauffeur fait rugir le moteur et nous voilà lancés sur les sentiers rocailleux. Le démarrage est électrisant. À mesure que les virages s’enchaînent, l’adrénaline emplit nos veines. Les éclaboussures dans les nids-de-poule et la sensation de rouler sur les cailloux ajoutent une dose de fun supplémentaire au trajet. Une dizaine de minutes plus tard, nous atteignons la zone tampon de la Réserve de Bel-Ombre, une étendue de 1 300 hectares à couper le souffle.

Notre premier arrêt : le viewpoint. Un majestueux panorama s’offre à nos yeux. Comme une toile de nature préservée, Bel-Ombre et les Gorges de la Rivière-Noire s’étendent à perte de vue. Des cerfs gambadent dans les plaines, emblèmes de la vie foisonnante de la réserve.

En contrebas, des employés veillent à l’entretien soigneux des chemins, offrant à chaque visiteur une expérience magique que ce soit pour une randonnée, un safari en 4×4, un tour en buggy ou pour un pique-nique.

Poursuivant notre route, nous atteignons la Cascade L’Exemple où la rivière Jacotet chante son doux murmure. Après nous avoir offert de l’eau pour étancher notre soif sous la chaleur écrasante du Sud, notre guide nous invite à découvrir le travail de conservation accompli dans la Réserve naturelle de Bel-Ombre. Ces terres, autrefois dédiées à la culture de la canne à sucre, sont aujourd’hui un sanctuaire de biodiversité grâce à la reforestation, dit-il. Dans cette zone tampon, cohabitent 3 500 cerfs, ainsi que des populations contrôlées de sangliers.

C’est au tour de la flore de nous dévoiler son éclat, mettant en lumière des bois précieux tels que banane et canne, natte et ébène. Tous jouent un rôle crucial dans cet écosystème florissant. Nous apprenons que l’intérieur du tronc de l’ébène, qui est noir, est choisi pour confectionner les touches noires des pianos. Le bois banane, lui, tire son nom de la forme de ses fleurs. Le bois canne est utilisé pour faire des cannes de marche. Chaque recoin nous révèle une plante endémique dont le nom est gravé sur un rocher.

Nous nous dirigeons ensuite vers la Cascade L’Exemple. En chemin, nous découvrons des nids artificiels, refuges pour les Crécerelles face aux prédateurs tels que les singes, les mangoustes et les sangliers, entre autres. Comme la déforestation prive certains oiseaux de leurs habitats naturels, notamment les cavités dans les arbres, ces nids mis en place par la Mauritian Wildlife Foundation jouent un rôle vital dans la conservation des espèces menacées, dont les oiseaux endémiques de Maurice.

En suivant une corde et en contournant les branches d’arbres avec précaution, nous atteignons la Cascade L’Exemple. Les chutes d’eau et les pierres magnifiquement façonnées par le temps sont captivantes. Dans la rivière Jacotet, un bassin de 5 mètres invite à la contemplation, tandis que la rivière murmure doucement, ajoutant à la sérénité du lieu. « Vous pouvez y nager », lance Akash. Peut-être une autre fois…

Nous reprenons la route et traversons encore une fois une nature verdoyante pour regagner l’Abbatis des Cipayes, vestige de l’époque où les soldats indiens montaient la garde pour prévenir toute évasion en provenance de la Baie du Jacotet. En cours de route, nous découvrons un magnifique terrain de golf, La Réserve Golf Links – le deuxième du domaine. Akash nous informe qu’il ouvrira ses portes en décembre lors du tant attendu tournoi de l’Afrasia Bank Mauritius Open, et souligne son caractère unique à Maurice : il s’agit d’un terrain de golf conçu dans une démarche écoresponsable

Finalement, nous regagnons le centre d’accueil de la Bel-Ombre Nature Reserve, où un jus de tamarin nous est offert.

Kaz’alala : hommage au patrimoine mauricien

Après avoir éliminé la poussière accumulée au cours de notre aventure en buggy, nous nous dirigeons vers Kaz’alala Hosted B & B, petit bijou de Be-Ombre. Lancé en 2018, Kaz’alala est un vibrant hommage au patrimoine mauricien.

Il s’agit de quatre maisons historiques de la propriété sucrière de Bel-Ombre, magnifiquement transformées en chambres d’hôtes. Rouge, bleu, jaune et vert, les quatre chalets incarnent les couleurs du drapeau mauricien, avec un total de 18 chambres. La cuisine et le salon de chaque maisonnette sont des espaces communs, créant ainsi une convivialité mauricienne.

Au restaurant de Kaz’alala, nous prenons place pour le déjeuner. Après avoir parcouru le menu typiquement créole, nous optons pour un délicieux « diri kari ». Le repas nous est servi en un temps record. Après un café, nous faisons une visite des lieux.

Selon Yeshvin Bhugwan, directeur des opérations, le projet s’ancre profondément dans le tourisme durable. Outre la conservation du patrimoine, il engage activement la communauté locale, permettant aux voyageurs de soutenir directement les artisans et l’économie de la région. Les clients sont encouragés à acheter local, à découvrir les talents des artisans par des démonstrations, et à comprendre la richesse culturelle et religieuse de l’île.

Le Château de Bel-Ombre dévoile son potager

Au château de Bel-Ombre, nous prenons la direction du potager où nous rencontrons le chef Ram. Avec le sourire, il nous fait découvrir les légumes qui poussent au gré du vent : mini-carottes, piments, aubergines, betteraves, calebasses, roquette, papayes, mandarines, brèdes, laitues, aromates, parmi tant d’autres merveilles… Ce potager, le chef Ram s’y promène tous les jours pour composer ses plats en fonction des légumes disponibles. Quant aux fleurs, il souligne qu’elles sont essentielles pour favoriser la pollinisation et repousser les insectes. Regagnant sa cuisine, le chef Ram nous salue.

Plankton, là où le verre reprend vie

Notre exploration de Bel-Ombre nous mène à la Plankton Recycling Co-operative Society Ltd, spécialisée dans le recyclage du verre, en ligne avec l’engagement du Groupe Rogers en faveur de la durabilité environnementale dans toutes ses opérations. D’ailleurs, sur le domaine, la gestion des déchets des différentes opérations d’Agrïa et de Rogers Hospitality se fait en interne. Les déchets de verre sont collectés et envoyés à la Plankton Recycling Co-operative Society Ltd pour être recyclés.

Sur place, nous rencontrons Cedric Descombes, le directeur. Il explique que les bouteilles en verre sont collectées, broyées et transformées en six agrégats utilisés à diverses fins. « Cette pratique durable vise à réduire la dépendance envers les matériaux traditionnels et à encourager l’adoption d’alternatives respectueuses de l’environnement », dit-il. Ce verre recyclé est utilisé de différentes manières. Notamment comme filtre de lavage pour les piscines, à des fins décoratives et dans la thérapie par le verre, entre autres.

Le recyclage du verre est considéré comme crucial pour la préservation de l’environnement et la réduction des déchets. Ainsi en soutenant cette initiative durable à travers ces établissements hôteliers à Bel-Ombre, le groupe Rogers contribue à éviter que les déchets de verre n’atteignent les sites d’enfouissement, favorisant une économie circulaire et réduisant l’impact environnemental.

À Fey Palmiste, le palmier est sublimé

À Fey Palmiste, nous rencontrons Francesca Calotte. La spécialité de cette femme passionnée et dévouée à son métier : les assiettes en feuilles de palmiers. Ces assiettes permettent-elles d’éviter de faire la vaisselle ? Francesca Calotte éclate de rire. « Nos assiettes peuvent être rincées, réutilisées et séchées », répond-elle.

C’est en 2011 que l’idée d’un projet novateur est offerte par l’IOM (Organisation internationale de la migration) aux habitants de Rivière-des-Galets dans le but de trouver une alternative à la pêche, principale source de revenu des habitants de ce village côtier. Francesca Calotte, qui travaillait autrefois dans les télécommunications, décide de s’y joindre. Avec l’aide précieuse de formations et de machines, elle apprend à travailler avec différents types de palmiers, utilisant les feuilles pour créer des assiettes.

Le travail est intense et au début, les revenus étaient modestes, raconte-t-elle. Ce travail l’emmène, son équipe et elle, de Bel-Ombre à Chamarel, collectant les feuilles tombées des palmiers pour les transformer en de magnifiques assiettes. Avec le temps, elles ont perfectionné leur savoir-faire, travaillant avec divers types de palmiers et s’adaptant aux variations de température. Les assiettes créées sont de véritables œuvres d’art, alliant esthétique et fonctionnalité. Chaque feuille récupérée offre une seconde vie au cœur du palmier.