Guide du P’ti Agriculteur: quoi faire pour une culture réussie?

L’agro écologie peut toucher chaque composante de l’agriculture. Dans cette édition en collaboration avec la Chambre d’Agriculture de l’Ile Maurice, nous parlerons de la préparation du sol avant d’entamer une culture. Le sol est une composante essentielle pour une culture saine.

Par respect pour les principes agro écologiques nous parlons, ici, d’un sol constitué de terre dans lequel il y a des êtres vivants, de la matière organique et aussi des nutriments minéraux. Avant de commencer, il est important de connaître son sol : le type de sol, ses propriétés biologiques, géologique et chimique. Une analyse des composants chimiques, organiques et minéraux vous aidera à l’amender correctement pour accueillir des plantules et les nourrir de façon optimale.

C’est quoi l’amendement du sol ?
Il s’agit d’intervenir de façon mécanique, organique ou chimique pour améliorer la nature du sol. Dans le contexte agro écologique, il s’agit purement d’interventions mécaniques et organiques. Les interventions mécaniques consistent à : retourner le sol, à désherber ou à sarcler la terre. L’incorporation de compost ou de fumier ou même la plantation de plantes de service spécifiques représentent des interventions organiques.

Les interventions mécaniques
Le retournement du sol est un procédé par lequel un outil édenté ou une pioche est utilisé pour ameublir la terre sur une profondeur comprise entre 15 et 25 centimètres. Il faut éviter de déstabiliser la vie du sous-sol ainsi que les nutriments contenus en-dessous de ces 25 cm. Cette pratique consiste à retourner la couche supérieure du sol. Le retournement se fait surtout pour aérer le sol et éliminer les mauvaises herbes. Une bonne aération du sol signifie une expansion saine du système racinaire des plantes.

Alexandre Hervé, Coordonnateur de projet Smart Agriculture à la Chambre d’Agriculture de l’Ile Maurice explique : « Si réalisé, il est important de maintenir le retournement entre 15 et 25 centimètres d’épaisseur de terre maximum pour déstabiliser le moins possible le fonctionnement des organismes vivants comme les vers de terre ». Et d’ajouter que le sol est un écosystème en lui-même. Car, il  contient des organismes opérant dans différentes couches et c’est leur présence et leurs actions qui déterminent la nature et la fertilité du sol. Rappelons que la présence de vers de terre est un indicateur de présence de matière organique dans le sol. En effet, ces organismes apportent de la matière organique. Enfin, les vers de terre aident à aérer le sol à travers les micro-tunnels qu’ils creusent. « Le retournement du sol devient moins utile en présence importante de vers de terre », insiste Alexandre Hervé.

Les interventions organiques
« L’amendement organique c’est l’apport de matière organique au sol. Cela peut être fait par le biais de composts ou de fumier. Il s’agit d’une fertilisation naturelle de la terre. Des plantes utiles peuvent aussi être utilisées comme la moutarde blanche qui capte l’azote atmosphérique pour la disséminer dans le sol à travers ses racines », soutient Alexandre Hervé.

Comme nous nous retrouvons, le plus souvent, avec des sols ; gras, acide ou sableux. Il faut, donc, rendre le sol apte à héberger des plantes et leur fournir les nutriments nécessaires.Pour cela il faut réguler la nature du sol. Par exemple en ajoutant du fumier ou du compost à un sol sableux, du calcaire à un sol acide ou de la terre sèche ou du composte à un sol gras.

Il est important de connaitre le pH du sol. Pour la production maraîchère, la fourchette des degrés acceptables se situe entre 5 et 5,8. Le pH du sol détermine la production d’éléments nutritifs et sa capacité de ces éléments à être utilisés efficacement par les plantes à travers les racines. Finalement, le pH du sol est un facteur clé pour le développement efficace des microorganismes dans le sol. Après l’amendement du sol, il faut le laisser se reposer pendant quelques jours avant d’y mettre les plantules.

Le couvert entre deux cultures
Un autre type de préparation du sol c’est le couvert. Entre la récolte et le prochain semis, c’est mieux d’avoir recours à un couvert végétal. Le couvert végétal consiste à mettre en terre des plantes qui vont nourrir la terre et l’enrichir en captant l’azote dans l’air ou en l’aérant à travers leurs racines. Le couvert sert à occuper l’espace en attendant la prochaine culture. Les légumineuses, comme les haricots ou les pois, sont les mieux placées pour cette opération. Le couvert est enlevé ou incorporé dans le sol pour y apporter de la matière organique utile à la terre.  Bien préparer son sol c’est aussi connaître ses besoins en eau et procéder à des arrosages réguliers. Un bon sol permet d’avoir une bonne culture et un meilleur rendement. Ces techniques agro écologiques permettent de réduire l’utilisation ou l’élimination des produits chimiques dans les cultures en ayant des plantes robustes.

Dans le prochain numéro nous vous expliquerons comment faire des semences….