Économie circulaire – Réduction du plastique : la Réunion s’engage, Maurice avance

L’île sœur est la première à se lancer dans le projet régional ExPLOI, lancé par la Commission de l’océan Indien, pour combattre la pollution plastique. De son côté, Maurice est bien parti pour combattre le plastique en s’attaquant à la source, soit à la production et à l’importation.

Le combat contre la pollution plastique en mer est lancé au niveau régional. ExPLOI (Expédition plastique océan Indien) est le nouveau projet de la Commission de l’océan Indien (COI). Le 9 juillet dernier, elle a signé une convention de financement de 6,7 millions d’euros sur cinq ans avec l’Agence française de développement et le Fonds français pour l’environnement mondial.

Le principal objectif d’ExPLOI est de préserver l’environnement, dont les océans, contre les méfaits du plastique. « Les écosystèmes sont dégradés, les chaînes alimentaires sont perturbées. L’impact de la pollution plastique est d’abord environnemental. Mais il est aussi économique, social et sanitaire. Dans nos îles, les secteurs de la pêche, du tourisme ou encore de l’alimentation sont particulièrement concernés », souligne la COI.

Afin de mener à bien ce combat, il faut tout d’abord améliorer les connaissances scientifiques sur la pollution plastique dans l’océan Indien. Ce qui devrait permettre de lancer une dynamique régionale d’économie circulaire à la Réunion. Cela, à travers la mise en place de politiques publiques pour la prévention, une meilleure gestion et la valorisation des déchets.

En parallèle, ExPLOI encouragera et soutiendra l’innovation et la diffusion de technologies propres. Il s’agit d’accompagner l’émergence de nouveaux modes de production en ligne avec les principes de l’économie circulaire. Renforcer les capacités de traitement des déchets plastiques et participer à la création d’emplois verts. Améliorer le cadre de vie des habitants des États membres de la COI par la réduction de la pollution plastique et donc des impacts sur le paysage, les écosystèmes, la santé.

Importance capitale

La COI pourra compter sur la contribution d’institutions de recherche de référence dans la mise en œuvre des activités d’ExPLOI. Cette capitalisation scientifique fournira également une base actualisée et solide pour éclairer la prise de décision pour l’émergence de nouvelles filières, l’aménagement du territoire ou encore la mise en place de nouvelles politiques publiques. Ceci est d’une importance capitale, car les îles de l’Indianocéanie sont handicapées par des capacités limitées en matière de traitement des déchets plastiques.

À Maurice, plus de 545 000 tonnes de déchets sont enfouis chaque année à Mare-Chicose. Le plastique en constitue 14 %, soit presque 76 000 tonnes. Conscientes de la situation, les autorités ont pris les devants. Notamment avec la promulgation de l’Environment Protection (Banning of Plastic Bags) Regulations en 2020 et de l’Environment Protection (Control of Single Use Plastic Products) Regulations 2020, qui interdit dix produits plastiques à usage unique. Et bientôt, une politique sur les bouteilles en plastique sera introduite.

La solution pour le gouvernement, c’est d’introduire le concept d’économie circulaire. Une série de mesures en ce sens ont ainsi été enclenchées depuis 2020. Cela, afin d’encourager la réutilisation des déchets d’entreprises comme matières premières dans d’autres circuits de production.

Responsabilité élargie

Selon le ministère de l’Environnement, 75 petites et moyennes entreprises ont été formées pour mettre sur pied ce projet. Des échanges de matériaux sont déjà en place entre 25 entreprises. Dans la foulée, le gouvernement a introduit la responsabilité élargie des producteurs et importateurs de produits électroniques. Ils devront collecter et faire recycler leurs produits à la fin de leur cycle de vie.

La première d’une série de cinq déchèteries a été mise en place à La Chaumière en novembre dernier. Avec celles-ci viendront bientôt le tri en amont et le recyclage en masse. Le tri en amont sera une mesure nationale qui réduira considérablement le volume de déchets plastiques. Notamment dans la nature, y compris dans la mer. Une politique verte comprenant le recyclage des déchets, la collecte et la valorisation des équipements électriques et électroniques sera d’ailleurs prochainement pleinement lancée.

Maurice s’appuie surtout sur l’aide du projet SWITCH Africa Green pour poser les jalons d’une transition vers l’économie circulaire. Le projet SWITCH Africa Green, un partenariat entre les pays africains et l’Union européenne, fournit le soutien nécessaire aux opérateurs des secteurs manufacturier, agricole et touristique pour un mode de production et de consommation en accord avec le principe de réduction des déchets.