Après trois mois sans intervention humaine : découverte sur la Culture des coraux

La nature est autonome. C’est un fait ! Mais une découverte est venue relancer la recherche sur la culture de coraux. Après le confinement, les scientifiques ont repris leurs recherches et ce qu’ils ont trouvé apporte un nouveau souffle et un espoir à leurs efforts. D’ailleurs, le ministère de l’Environnement a bénéficié d’une enveloppe de Rs 215 millions du Budget 2020-2021 pour effectuer des travaux de protection des lagons.

Les installations mises en mer pour cultiver des coraux ont survécu au confinement et, mieux encore, les coraux ont poussé sans l’intervention humaine. C’est sur le site de Pointe-aux-Feuilles que la découverte a été faite. Depuis un peu plus d’un an, des chercheurs de l’université de Maurice, menés par Nadeem Nazurally, ont placé des installations en mer pour élever des coraux. Le but étant de régénérer le récif corallien dans les lagons du pays. La technique utilisée est de placer des fragments de coraux sur des supports en métal sur le fond marin. Or, jusqu’ici, ces installations nécessitaient une attention particulière. Les techniciens devaient plonger à un intervalle régulier pour nettoyer les fragments afin de les laisser s’épanouir et pousser sans être contaminés par des bactéries ou d’autres microorganismes marins.

Trouvaille

Après presque trois mois sans intervention humaine, les scientifiques s’attendaient à trouver une culture amoindrie et décimée, la semaine dernière. Or, c’est tout autre chose qu’ils ont aperçu. Nadeem Nazurally raconte que les coraux ont grandi et se sont naturellement nettoyés. La totalité des cultures a poussé. Une observation s’imposait pour connaître la nature de cette condition. Il a, donc, été établi que ce sont les poissons qui s’occupaient des coraux, tout comme le font les hommes. « Les poissons cordonniers et des cateaux (poisson perroquet) s’occupent des coraux, ils mangent les algues et les microorganismes qui se posent sur les coraux », affirme le scientifique.

Selon lui, cette zone est dépourvue d’activités humaines, car il se trouve dans l’agglomération des cages d’aquaculture. Les poissons qui vivent librement dans le lagon ne sont nullement stressés et se regroupent sous les cages. Donc, les coraux sont pris en compte par les poissons, aidés des nutriments émanant des cages.

« Nous comprenons que les cultures de coraux doivent être établies dans des zones protégées car, avec les activités humaines, les poissons sont stressés, ne s’occupent pas des coraux et il faudra d’énormes efforts humains pour en prendre soin », fait comprendre Nadeem Nazurally.
La création d’aires marines protégées est préconisée en tant que stratégie clé pour protéger la biodiversité marine. Toutefois, ces stratégies fonctionnent à un rythme lent et ne peuvent pas, à elles seules, freiner la dégradation du récif. La restauration active des récifs coralliens agit comme des stratégies supplémentaires pour lutter contre la dégradation des récifs et favoriser leur récupération.

Situation à Maurice

Les récifs de Maurice sont menacés. La pollution, l’érosion du sable et les développements côtiers ont mis en danger nos coraux. Les projets de développement ont causé la destruction des zones humides : l’eau des crues n’est pas filtrée et les sédiments finissent dans le lagon. Les chercheurs de l’université de Maurice ont conclu que, depuis 2013, il y a un déclin significatif des récifs coralliens dans différents lagons : Belle-Mare, Palmar, Pointe-aux-Feuilles, Bel-Ombre, Blue-Bay, Flic-en- Flac, Le Morne. Dans certaines zones, il y a une perte drastique de 80 % du corail.

Or, les récifs coralliens sont comparés aux forêts tropicales. Ils abritent une grande diversité d’organismes marins et certains restent à découvrir. On estime qu’environ 25 % des poissons de l’océan dépendent des récifs coralliens sains. En avril 2019, l’organisation Lagon Bleu avait effectué des relevés et il se trouve qu’ajoutée à la pollution, l’eau du lagon restait à une température excessive. Des températures de 32 degrés Celsius avaient été enregistrés avec, pour résultats, que 60 % des coraux des lagons du Sud avaient blanchi.