DR MICHAEL ATCHIA : « Nous devons tout faire pour refroidir la planète »
Professeur associé au MIE, le Dr Michael Atchia participera à des discussions en ligne à la COP27. Mettant en exergue le manque d’initiatives concertées, il maintient néanmoins qu’il n’est pas trop tard pour atténuer les effets du changement climatique.
Le monde fait face à trois principaux défis : changement climatique, élévation du niveau de la mer et réchauffement climatique. Pour y faire face, insiste le Dr Michael Atchia, professeur associé au Mauritius Institute of Education (MIE) et ex-directeur du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), il faut une « action concertée » de tous les États. Or force est de constater que les progrès réalisés, hormis l’accord de Paris, sont insuffisants.
Il participera virtuellement à la COP27. Le Dr Jackie Kado, le Dr Deoraj Caussy et lui y représenteront le NASAC, le réseau des académies scientifiques d’Afrique. D’autre part, en tant que membre de la Commonwealth Foundation, il participera à la discussion axée sur « What a just transition to clean energy really means » aux côtés des syndicats, scientifiques et négociateurs du climat. Il traitera spécifiquement le problème des petits États insulaires en développement (PEID).
Qu’attend-il de la COP27 ? Le Dr Michael Atchia souhaite l’inclusion de l’Afrique et de tous les PEID dans les initiatives qui seront prises. Jusqu’ici, regrette-t-il, le geste n’a que rarement été joint à la parole et aux promesses d’intention. « Ce n’est que récemment, au cours des 10 dernières années, lorsque les effets du changement climatique se sont réellement fait sentir, que nous avons commencé à agir. » Notamment entre 2020-2022, face aux températures extrêmes (+50°C, -50°C), inondations, sécheresses, fonte des calottes glaciaires, ouragans intenses…
Lenteur des progrès
« La science est claire, mais les progrès sont lents. Il incombe aux gouvernements, aux entreprises et à la société civile de faire de l’atténuation du changement climatique une priorité immédiate », dit-il.
Le Dr Michael Atchia souligne qu’il est très important que la planète ait de l’oxygène, de l’eau, du sol, des forêts qui peuvent soutenir la vie humaine, animale et végétale. « Nous, les êtres humains, qui sommes aujourd’hui 8 milliards sur Terre, surutilisons les combustibles fossiles tels que le charbon et l’essence et, par notre nombre, notre industrie et notre mode de vie, nous exerçons une pression sur la planète, la rendant peu à peu impropre à la vie. »
Il cite l’augmentation de la température moyenne qui est aujourd’hui de 1,5°C. « Le réchauffement se poursuit alors que nous brûlons davantage de combustibles fossiles. Une augmentation de 4 à 6 degrés sera catastrophique pour la planète. Nous devons donc faire tout ce qui est possible pour refroidir la planète. »
Comment ? En sus de stopper l’utilisation du charbon et du pétrole, le Dr Michael Atchia promeut les véhicules électriques, l’énergie éolienne et solaire. Selon lui, il faut aussi protéger les forêts, en particulier celle de l’Amazonie, et planter plus d’arbres. Il faut, avance-t-il, adapter notre mode de vie pour être en harmonie avec la nature et s’assurer que notre développement est durable.
« J’ai personnellement contribué à cet effort en créant, en 1993, le sujet de l’Éducation au Développement Durable (EDD) auquel l’UNESCO a consacré une décennie entière, pour apprendre à tous les pays, à tous les étudiants, la durabilité », souligne l’académicien.
À Maurice, « à partir de 1975, nous, au MIE, avons proposé que l’environnement fasse partie des sciences intégrées pour tous les élèves du secondaire. Puis, quelques années plus tard, nous avons introduit l’étude de l’environnement (Environmental Studies) pour tous les élèves du primaire ».
Solutions immédiates
Au-delà de l’effort de sensibilisation et d’éducation, quelles solutions immédiates pour Maurice ? « Il y a trois axes principaux sur lesquels nous avons commencé mais qui ne sont pas assez forts. » Le Dr Michael Atchia cite en premier lieu la sécurité alimentaire, c’est-à-dire produire ce que l’on mange et manger ce que l’on produit.
Deuxièmement, assurer la sécurité énergétique en utilisant la formule ÉOLIEN+SOLAIRE+HYDRO+BIO pour tous besoins énergétiques, avec de l’essence pour la période de transition jusqu’à ce que ces systèmes soient pleinement opérationnels. « Notons qu’avec les véhicules électriques maintenant exempts de droits de douane et le métro, nous sommes sur la bonne voie, mais pas de manière suffisante. » Dernièrement, assurer l’approvisionnement en eau potable pour tous.
Si une partie du système change, le reste réagira. « L’activité humaine provoque un changement climatique dû à l’augmentation du dioxyde de carbone atmosphérique. Si nous ne prenons pas de mesures pour créer un monde sans carbone, la hausse des températures et les conditions météorologiques irrégulières continueront de s’aggraver », prévient-il.
