Balade sur la côte Nord-Ouest – Pointe-aux-Piments : royaume de la saleté

Cette semaine, nous avons choisi la côte nord-ouest de Maurice pour notre balade.

En passant par le petit village d’Arsenal, nous arrivons rapidement à notre première plage, Pointe-aux-Piments. Là, désagréable constat. C’est une plage mal nettoyée. Les employés se contentent d’enlever le gros du plastique. Mais la plage abonde en petits déchets de toutes sortes : capsules, boîte de cigarettes, mégots, bouts de tissu, papiers, morceaux de vaisselle… Les feuilles des nombreux arbres ne sont pas enlevées, donnant la nette impression que c’est un endroit laissé à son sort. De grosses branches de filaos, cassées à même la plage et dont les épines ont eu tout le temps de prendre une teinte marron, n’ont pas été enlevées.

Un oreiller parmi d’autres déchets, à Pointe-aux-Piments.

Le côté agréable de Pointe-aux-Piments est que ce n’est pas une plage bondée. Idem pour Pointe-aux-Biches, un peu plus loin. Il s’y dégage l’atmosphère très sympathique d’un village un peu endormi. Coin idéal pour déstresser, un peu gâché toutefois par les petits déchets qui jonchent la pelouse de la plage. Pointe-aux-Piments ne montre pas de traces d’érosion. Par contre, à Pointe-aux-Biches, la pente est raide vers la mer, signe que l’érosion a fait son œuvre. Comme un peu partout sur les plages du nord-ouest, des bancs de rochers noirs donnent du relief et contrastent joliment avec le sable. Plus loin, à Trou-aux-Biches, la plage est plutôt étroite et le parking, tout à fait inadéquat, est pris d’assaut par les voitures.

Mon-Choisy : les filaos cèdent la place

Le nouveau visage des plages mauriciennes, où le filao n’est plus roi.

Plus au nord, aucune difficulté pour trouver un parking à Mon-Choisy. La plage est beaucoup plus large et généreuse. La Beach Authority a débarrassé la plage des traces d’érosion. On ne voit plus les racines tourmentées et exposées des filaos. La plage a été nivelée et ne plonge pas à pic comme autrefois. Autre changement perceptible : les filaos ne sont plus en première ligne sur une bonne partie de la plage. Des espaces fermés laissent voir des centaines de plantes qui poussent lentement pour reboiser les lieux. « Dans trois ans, ces plantes apporteront un cachet spécial à Mon-Choisy », assurent les officiers de la Beach Authority.

Dr Vikash Tatayah : « Vigilance sur l’île Ronde »

Bain-Bœuf, ceinturée par des algues n’ayant pas été enlevées.

C’est à Bain-Bœuf et à Pointe-aux-Canonniers notamment que l’on découvre le magnifique panorama des îles, dont la plus proche est le Coin-de-Mire avec sa formidable falaise. La plage de Bain-Bœuf est minuscule et couverte d’algues, pas du tout agréable à la vue. Plus loin, l’île Ronde, réserve naturelle d’un grand intérêt pour le botaniste comme pour le naturaliste. Selon le Dr Vikash Tatayah, de la Mauritian Wildlife Foundation, les chèvres et les lapins avaient décimé la forêt avant leur élimination. Maintenant, la plus grande menace reste l’érosion constante de l’île et, pour contrer ce problème, un reboisement systématique de l’île est en cours. Le Dr Tatayah met aussi l’accent sur l’importance de contrôler les visites sur l’île, d’y exercer une vigilance stricte, quitte à fouiller les visiteurs pour que rien de nuisible ne soit introduit sur l’île, qui abrite aussi des boas (serpents non venimeux).

Cette visite côtière se prolonge jusqu’à Grand-Baie et Péreybère. Pas possible de trouver le calme et la sérénité dans ces régions où règne, désormais, une cacophonie et presque plus de places de parking. Ce village, jadis paisible, aujourd’hui transformé en ville avec des constructions disparates et des plages pas du tout larges et pullulantes de monde. Pour combattre l’érosion, des rochers bien placés sont léchés par les vagues. C’est à Cap-Malheureux que l’on peut mieux respirer. Un endroit moins commercialisé, plus paisible, où la mer offre d’exceptionnelles couleurs vertes, bleues, turquoises.