Quoi de Vert ?- Corridor écologique à Bel-Ombre : une première étape franchie

La Rogers Foundation débute des travaux de réhabilitation sur les berges de la rivière Jacotet, à Bel-Ombre. Les premiers coups de pioche ont été donnés le 20 août dernier.

Un premier pas dans la bonne direction. Le 20 août, une centaine d’arbres endémiques ont été mis en terre symboliquement sur les berges de la rivière Jacotet, à Bel-Ombre. Une initiative de la Rogers Foundation, qui ambitionne, depuis plusieurs années déjà, de créer et de reboiser un corridor écologique de 9,8 km de long dans cette région de Bel-Ombre. Zone caractérisée par ses riches écosystèmes marin et côtier.

Cet exercice a bénéficié du concours des Bois et Forêts du ministère de l’Agro-industrie, qui a fait le choix des espèces endémiques mises en terre. Prenant la parole, Philippe Espitalier-Noël, Chief Executive Officer de Rogers, a choisi de citer Malcolm de Chazal. « Nos terres perdent leurs alluvions par l’érosion. À chaque pluie, en l’absence des forêts, la mer rougit (…) Des centaines de milliers de tonnes de terre vont à la mer. (…) Il ne s’agit plus de regarder et de se laisser vivre. Penser devient maintenant impératif et ce sera un acte de vie ou de mort. Nous devons reboiser. Il est un comité qui s’occupe de monuments. Quand aurons-nous un comité pour la protection des arbres ? »

La création de ce corridor entre le parc national des Gorges de la Rivière-Noire et la zone côtière de Bel-Ombre comporte deux réservoirs de biodiversité. Le projet consiste, d’une part, à favoriser le rétablissement de la biodiversité de la rivière. Et, d’autre part, de faciliter la migration de la faune, en particulier des oiseaux, entre les deux zones. Ces dernières font partie intégrante de la Réserve de biosphère des Gorges de la Rivière Noire – Bel-Ombre (dont le zonage et l’appellation ont été modifiés l’an dernier). Abritant les derniers vestiges de la végétation endémique de l’île, cette réserve Man and Biosphere est un soutien au patrimoine indigène de Maurice.

Les berges de la rivière Jacotet servent d’habitat à plusieurs centaines d’espèces tropicales, aquatiques et terrestres endémiques. Cette zone se trouve aussi entre terre et mer, d’où son rôle crucial dans la démarche de conservation entamée depuis plusieurs années par la Rogers Foundation. Celle-ci privilégie l’approche Ridge to Reef, soit l’interdépendance des écosystèmes côtier et marin, partant des montagnes et des forêts, pour finir dans l’océan, en passant par les rivières ou les mangroves.

La réhabilitation par le reboisement contribuera à une meilleure gestion des inondations et aidera à lutter contre l’érosion des sols le long des berges de la rivière. La réduction de la sédimentation qui en résultera contribuera à promouvoir un écosystème marin, dont des coraux, plus sain dans le lagon de Bel-Ombre, qui abrite plus de 70 espèces de poissons.

Autre avantage lié à la restauration de cette zone : l’augmentation des puits de carbone dans la région de Bel-Ombre. Les puits de carbone, soit le stockage du CO2 par les forêts en croissance à travers la photosynthèse, font partie des Nature-based Solutions (solutions fondées sur la nature), qui permettent à l’entreprise de s’appuyer sur les écosystèmes afin de développer des solutions aux défis liés au réchauffement climatique.

Une quarantaine de participants

La Rogers Foundation a pu compter sur l’aide des membres de la communauté de Bel-Ombre, des employés du groupe, ainsi que de nombreuses parties prenantes, dont le National Parks Conservation Service, Reef Conservation, avec laquelle la Rogers Foundation collabore depuis plusieurs années, et l’Agence française de développement. Sans compter la Fondation Ressources et Nature, l’United Nations Development Programme et l’United Nations Global Compact.

Judes DeBaere, chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Maurice, le Dr Kate O’Shaughnessy, Haut-commissaire de l’Australie à Maurice, et Gregory Martin, chargé de mission pour la région Réunion, étaient également de la partie.