Preetam Ramphul, Technical Services Manager chez MC Vision : «Il est crucial pour toute entreprise d’adopter un comportement plus vertueux»
Preetam Ramphul est convaincu qu’il faut, à travers le concept zéro déchet, appliquer autant que possible la règle des cinq R. Cela consiste à refuser (tous les produits à usage unique), réduire (la consommation de biens), réutiliser (réparer) tout ce qui peut l’être, recycler (tout ce qui ne peut pas être réutilisé) et rendre à la terre (composter tous les déchets organiques). Entretien.
Quel est le volume de décodeurs récupérés par année ?
Nous avons, il y a quelque temps, introduit de nouveaux décodeurs 4K-Ultra haute définition (UHD), qui se veulent à la fine pointe de la technologie. Jusqu’à tout récemment, les anciens décodeurs de CANAL+ Maurice étaient envoyés en France pour être recyclés. Désormais, une partie du recyclage se fait à Maurice, grâce à un partenariat établi avec Plastic Industries Mauritius (PIM) Ltd, entreprise spécialisée dans la fabrication et le recyclage de produits en plastique. En tant qu’entreprise responsable et engagée en faveur de l’environnement, nous avons décidé de recycler les anciens boîtiers. Il en est de même pour les disques durs, afin qu’ils ne finissent pas dans la nature. Ainsi, nous avons recyclé quelque 25 000 décodeurs en 2020, et 17 000 autres de janvier à juillet 2021. D’ici octobre, 8 000 décodeurs additionnels seront récupérés pour être recyclés.
Comment sont-ils démantelés et par qui ?
L’ancien décodeur comprend une structure en métal, qui supporte l’électronique et les connectiques. Et il est recouvert d’une coque en plastique. Nous récupérons, dans un premier temps, les pièces électroniques qui peuvent être réutilisées, ainsi que la coque qui est recyclée. Le reste est expédié en France pour être recyclé. C’est aussi le cas pour les télécommandes, les adaptateurs électriques et les disques durs. Cette mission est assurée par l’équipe technique de MC Vision.
Une fois broyés, en quoi sont transformés les décodeurs ?
Certaines pièces sont réutilisées et d’autres sont recyclées. Par exemple, les plaquettes tournantes des disques durs sont réutilisables – elles sont donc expédiées à des fabricants. De même pour les composants électroniques en bon état. Les métaux et plastiques restants vont à la production mondiale de métaux et de plastiques ABS pour toutes sortes d’utilisations. De plus, depuis peu, des accessoires de nettoyage en plastique recyclé ont été introduits sur le marché. Nous avons davantage renforcé notre engagement à réduire notre empreinte carbone cette année. Nous avons signé un partenariat avec Plastic Industries Mauritius pour la transformation des coques en plastique en pen holders. Le potentiel existe pour la fabrication d’autres produits dans le futur.
Songez-vous à utiliser d’autres matériaux pour la fabrication des décodeurs ?
Le cœur du décodeur est composé de trois principales artères : le plastique ABS, le métal et l’électronique. Toute autre combinaison portera atteinte au visuel (donnant une perception de qualité inférieure). Sur le plan technique, il y a le risque de surchauffe, d’affaiblissement de la structure, d’augmentations de fautes électroniques et de feu. Notre fabricant de décodeurs traite uniquement avec des fournisseurs reconnus, qui combinent des matières premières et des matières recyclées. Nous avons aussi travaillé avec ce même fabricant pour nous assurer que le plastique à utilisation unique soit complètement éliminé. L’emballage est fait en carton recyclé. Il est crucial pour toute entreprise d’adopter un comportement plus vertueux, et l’économie circulaire est une des meilleures réponses à ce défi.
Comment amortissez-vous les coûts de ce recyclage ?
Ce n’est pas notre but premier. Notre approche environnementale est avant tout une responsabilité d’entreprise. Et elle est soutenue par des moyens humains et financiers en interne. Nous percevons, certes, quelques revenus, mais qui ne compensent pas les moyens que nous déployons pour cette opération.
Encouragez-vous vos partenaires à faire de même en matière d’économie circulaire ?
MC Vision s’attèle à mettre en place tous les moyens possibles pour y parvenir. Et il faudrait que toutes les parties prenantes puissent faire de l’économie circulaire une réalité à Maurice. Car la réutilisation et le recyclage industriel n’est possible que sur le marché international. Le marché local n’a pas les moyens nécessaires. Nous souhaiterions remercier nos partenaires logistiques, les transports terriens et maritimes et notre recycleur, en France. C’est avec leur soutien que ce projet a été réalisé.
