L’œil de l’écolo – Meghna Raghoobar, climate reality leader et directrice de Holistizen – Plantation de mangrove : les ONG et les hôtels doivent être impliqués
Meghna Raghoobar, militante écologiste, donne son avis sur le budget présenté par le ministre des Finances, le 11 juin. Pour elle, le gouvernement pouvait aller plus loin dans les mesures. Entretien.
Vue d’ensemble
Le budget est un important événement annuel. Le gouvernement prend des décisions. Et celles-ci ont une incidence sur la gestion financière de nombreux ménages. Le revenu mensuel moyen est de Rs 12 500. Les augmentations de Rs 2 ou les serviettes hygiéniques gratuites pour les jeunes filles affectent le mode de vie du citoyen.
Quelle est votre position sur la protection côtière ?
D’un point de vue socio-environnemental, je considère que ce budget n’a pas été taillé pour les plus vulnérables, les classes moyennes et notre environnement.
Je milite pour la plantation de mangroves depuis plusieurs années et elle apparaît dans ce budget. Ce qui peut plaire à certains écologistes. Cependant, en plus d’accorder un budget pour la plantation de mangroves, les ONG locales et les hôtels doivent être impliqués. Une législation peut être proposée, afin que ces parties prenantes soient obligées de collaborer efficacement. La plantation de mangroves doit faire partie de leurs responsabilités environnementales. La même philosophie s’applique à la plantation de corail et au nettoyage du lagon, dont nous avons tant besoin.
Quant à la création de nouvelles entités…
Je me demande pourquoi il y a tant de nouvelles autorités sous l’égide du bureau du Premier ministre. D’autres ministres pourraient s’en occuper, car ils ont les compétences. Une des dernières créations est la National Environmental Cleaning Authority (NECA).
Êtes-vous satisfaite des mesures concernant les inondations ?
Le budget pour les inondations est assez flou et je souhaite qu’il soit plus détaillé. Car le programme de préparation est bien plus qu’un système de drainage et quelques programmes de formation. Je suis également surpris que, compte tenu de notre vulnérabilité face aux catastrophes naturelles, nous ne prévoyions toujours pas de fonds pour les ménages. Ils sont touchés par les catastrophes naturelles.
Un système de transport en commun électrifié doit vous ravir…
Il est bon de savoir que la Rose Hill Transport a été une source d’inspiration. Et nous allons maintenant recevoir 25 autobus électriques pour la Corporation nationale de transport. Cependant, cette quantité est insuffisante, car les nombreux vieux bus en circulation dégagent beaucoup trop de gaz toxiques. Cet enjeu pose la question suivante : le prolongement du métro d’Ébène à Rose-Hill est-il une priorité ?
Il aurait été préférable d’avoir plus de bus électriques et de réduire, voire d’éliminer les vieux bus polluants sur nos routes. En effet, de nombreuses routes sont en construction et nous ne semblons pas envisager d’ajouter des pistes cyclables. Ce qui aurait fait la promotion d’une culture saine du cyclisme sur route. Le système renforce un égoïsme malsain pour la dernière voiture toute neuve avec un conducteur solo et plus d’embouteillages.
60 % d’énergie verte en 2030, pensez-vous que ce soit possible ?
En termes d’alimentation électrique, 2030 est trop loin pour éliminer totalement la combustion du charbon. Nous avons tous les moyens d’aller au 100 % renouvelable d’ici cinq ans, si la volonté est là. Ce qui aurait dû être notre priorité absolue.
