Dauphins échoués : la réponse se trouve au large du lagon

À vendredi, le nombre de dauphins morts échoués sur les plages du Sud-Est était de 34. Depuis mercredi, les habitants de cette région sont choqués par le nombre de mammifères marins qui sont retrouvés morts.

Les observateurs veulent que des études soient effectuées sur la chaîne alimentaire et les autres espèces présentes dans le lagon. Vendredi, les patrouilles ont permis de découvrir sept autres dauphins dans le lagon de Pointe-aux-Feuilles. Les animaux sont autopsiés et jusqu’ici, aucun lien entre le déversement du Wakashio et leur mort n’a été établi, explique le ministère de l’Économie océanique.

Le rapport préliminaire d’autopsie souligne que des blessures par morsures ont été observées sur la plupart des cadavres. Plusieurs dauphins ont des parties manquantes sur le corps. D’ailleurs, aucune odeur étrange ne se dégageait de la peau des carcasses. Lors de la vérification de la cavité buccale des animaux, aucune matière étrangère n’y a été détectée, ni de liquide dans les cavités thoraciques et abdominales. Les intestins disséqués sont vides et dans trois des carcasses, des vers ont été trouvés dans les poumons et le cœur.

Le ministère confirme qu’aucune trace d’hydrocarbure n’a été trouvée dans les cadavres. L’autopsie est pratiquée par le vétérinaire du ministère de l’Agro-industrie. Une vétérinaire réunionnaise, spécialisée en mammifères marins, a aussi assisté aux autopsies via visioconférence. Il n’y a pas de traces d’hydrocarbure au niveau du système respiratoire, de la peau, de la gueule ou du ventre. Des analyses bactériologiques et toxicologiques sont effectuées au Forensic Science Laboratory.

Selon les spécialistes, il peut y avoir plusieurs causes à ces décès. Hugues Vitry, spécialiste en dauphins, éclaire sur le sujet. Il souligne que ces dauphins ne vivent pas dans les lagons comme le font les grands dauphins. Les mammifères retrouvés sont des dauphins d’Electre, qui vivent au large de Maurice. Les traces trouvées sur leurs cadavres et la coloration de leur peau démontrent qu’ils sont morts en haute mer. Ils ont été charriés par les houles de la marée haute et ont heurté le récif et les coraux avant de dériver vers le rivage. Certains cadavres ont été partiellement dévorés par des carnivores, probablement des requins.

Cependant, la cause des décès reste floue, c’est pour cela que des prélèvements ont été envoyés par des ONG à la Réunion pour être analysés. Les résultats toxicologiques devraient déterminer la cause de leur mort, mais il semble qu’ils aient été désorientés. Cela se passe lorsque leur mécanisme d’écholocalisation est affecté. Ils peuvent alors foncer sur les récifs et les percuter. L’autre piste analysée est la raison pour laquelle il y avait du sang dans la gueule de certains d’entre eux.

Aucun comportement étrange

Des scientifiques travaillant pour le compte des autorités effectuent un balayage des lagons affectés. Jusqu’à présent, aucun animal vivant dans les lagons ne présente de comportement étrange. Le fond marin n’a pas été affecté et les poissons se portent bien, a fait comprendre un scientifique.

Cette observation est confirmée par la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS). Les techniciens de la MMCS ont enquêté sur la population des grands dauphins vivant dans le lagon du Sud-Est. Selon leurs observations, ces mammifères, de même que les tortues, se portent bien.

Ce qui pousse les scientifiques à penser que la cause du problème se trouve au large et que c’est là qu’il faut aller voir, car les animaux sont morts au large et certains ont eu le temps d’entrer en état de décomposition avant d’arriver sur les côtes. L’autre intrigue : est-ce qu’une seule espèce a été touchée ?