Économie circulaire : les producteurs appelés à reprendre leurs produits à la fin de leur cycle de vie
Le 8 juin, c’était la journée mondiale des océans. Le principal souci à Maurice et dans le reste du monde, c’est la pollution due au plastique en mer. Pour cibler ce problème, il a fallu remonter à la source, c’est-à-dire aux producteurs. D’où la présentation prochaine de la « responsabilité élargie des producteurs ». Les mesures seront présentées après le budget.
Le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, a profité du lancement de la campagne de Nestlé, le mardi 8 juin à Bagatelle Mall, pour annoncer l’introduction de ces mesures. La responsabilité élargie des producteurs concernera les bouteilles en PET et les appareils électriques/électroniques, dans un premier temps. D’autres produits seront concernés dans un deuxième temps. Les règlements seraient finalisés, en ce moment, par le State Law Office. Ils seront présentés au Conseil des ministres, qui les approuvera et les publiera.
Auparavant, il y a eu des discussions entre les responsables du ministère de l’Environnement et les producteurs. Pour Kavy Ramano, le plastique ne doit pas devenir un calvaire pour la société. Mardi, il a rappelé que le département de Solid Waste Management effectue une étude sur le traitement des déchets depuis quelques années. Environ 540 000 tonnes de déchets sont enfouies à Mare-Chicose par an. Maurice est toujours au stade d’économie linéaire. Une étude de caractérisation des déchets permet d’établir que 50 % sont compostables, 20 % recyclables et 14 % du plastique.
La responsabilité élargie a été finalisée avec le concours de la Chambre de commerce et d’industrie et de Business Mauritius. « Les entreprises ne doivent pas considérer la valeur du produit que pendant leur durée de vie. Le privé ne doit pas penser que l’après-vie des produits est la responsabilité du gouvernement », explique Kavy Ramano.
Des règlements concernant les appareils électroniques et électriques seront rendus publics. Et le gouvernement préconise une coordination public/privé pour mettre en place une structure en vue de valoriser ces déchets. « Il y a eu des lobbies et des pressions lors des discussions, mais nous sommes parvenus à sensibiliser les producteurs », explique le ministre.
Responsabilité élargie
Les producteurs seront appelés à reprendre et à traiter leurs produits à la fin de leur cycle de vie. Il s’agit de recyclage, de reconditionnement et de transformation. Ces règlements concerneront des bouteilles en PET et des appareils électriques/électroniques. Les producteurs s’associeront à des entreprises de recyclage ou de transformation.
Des mesures financières seront proposées pour accompagner ces activités. À titre d’exemple, Nestlé propose à ses clients un système de consigne sur les emballages. Les chiffres pour 2020 montrent que Maurice produit 130 millions de bouteilles PET par année. 40 % sont recyclés et 60 % se retrouvent à Mare-Chicose ou dans la nature.
Le gouvernement instaure ces règlements pour encourager les consommateurs à retourner les bouteilles et les appareils, et pour pousser les producteurs à les recycler.
« La taxe sur les produits en plastique est en place. Et les producteurs, distributeurs, revendeurs et consommateurs seront sensibilisés. Les acteurs du secteur s’adaptent. Les produits écologiques sont en production et il y a une centaine de demandes de la part d’entreprises pour les exploiter en remplacement du plastique », a indiqué Kavy Ramano.
