VÉHICULES FUMIGÈNES : Le laxisme des autorités décrié

Fabrice Jaulim, Adila Mohit-Saroar et Jean-Marie St Cyr

Maurice dans
les derniers rangs pour
la qualité de son air

À l’échelle mondiale, Maurice se situe dans les derniers rangs du classement des pays concernant la qualité de son air. La concentration des particules dans l’air est mesurée chaque année et le tableau du classement est mis à jour. En 2017, Maurice avait un taux de particules de 14,46 microgrammes par mètre cube d’air. (Source: Brauer, M. et al. 2017, for the Global Burden of Disease Study 2017). À titre de comparaison, la Zone Euro détenait un taux de 12,53 en 2017. Maurice est classé 139e sur 184 pays. Le Népal est dans les profondeurs du classement avec un taux de particules de 99,73 alors que la Finlande détient l’air le plus sain avec un taux de 5,86 seulement.

Ces tueurs silencieux sur roues ne s’arrêtent plus. Bien que le ministère de l’Environnement ait fait des bus fumigènes un de ses chevaux de bataille, politiciens et spécialistes déplorent un manque de mesures sévères contre ce fléau qui perdure depuis des années.

Le 24 novembre 2019, Le Dimanche/l’Hebdo dénonçait cette situation peu respirable, dans un article intitulé Ces cracheurs de fumée qui nous tuent à petit feu. Plus qu’une campagne de dénonciation, l’article se faisait le porte-voix du public face à un problème qui touche chaque Mauricien. Il s’agissait de mettre les autorités devant leurs responsabilités face à une situation qui prend des proportions importantes.

Samedi 29 février, l’article a été primé par le Media Trust dans la catégorie Meilleur article de la presse écrite, un dossier de cinq pages sur un sujet qui voulait amener à une prise de conscience collective sur le danger que représentent ces autobus.

Selon un urbaniste, le Dr Zaheer Allam, les autobus et autres véhicules fumigènes n’ont pas leur place dans une Ile Maurice durable. Il souligne que le gouvernement doit proposer des encouragements fiscaux aux entreprises pour qu’elles renouvellent leurs flottes d’autobus. « Il est temps de revoir le standard et passer aux autobus électriques », affirme le Dr Zaheer Allam. Un pays propre comprend, essentiellement, un système de transport public propre, nous confie le spécialiste.

La fumée provenant des moteurs diesel contient : du carbone, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, de l’azote, de l’oxyde de soufre, des hydrocarbures, des particules de diesel. Une personne exposée à la fumée du diesel sur le court terme risque de contracter : la toux, une irritation des yeux, de la gorge et des voies respiratoires, l’asthme. Une exposition subite et en grande quantité peut causer une asphyxie, voire la mort. À long terme, cette fumée peut causer les cancers du poumon et de la vessie.

Contravention de Rs 1 000 seulement : Une hausse prévue bientôt

Le ministère de l’Environnement vient avec un amendement à la loi sur la protection de l’environnement. Un haut responsable du ministère nous explique que cette situation a trop duré. Certains propriétaires de véhicules sont irresponsables et continuent à tricher. Pour commencer, la police de l’environnement évite de servir des Notices 71 selon lesquelles un délai de 28 jours est donné à un propriétaire pour qu’il répare son véhicule, sinon il s’expose à une contravention.

Or, cette notice est de moins en moins émise car la police de l’environnement émet directement des contraventions qui, malheureusement, ne mènent qu’à une amende de Rs 1000. Selon le haut responsable du ministère, cette amende est trop faible et ne dissuade pas, suffisamment les propriétaires. La nouvelle loi viendra imposer une amende « beaucoup plus forte » et un système d’annulation du certificat de conformité tout en imposant une interdiction de circuler au véhicule.

« Dans un cas extrême, ou en cas de récidive, nous allons vers une loi qui nous permettra de saisir le véhicule, car il représente un danger pour le public », explique le haut responsable. Jeudi dernier, la police a effectué une opération sur l’autoroute à hauteur de Pailles. En moins de trente minutes, trois véhicules ont été verbalisés dont deux autobus et un 4×4. Ces opérations seront intensifiées à travers le pays.

Lors de l’opération, les policiers repèrent un véhicule fumigène et le poursuivent pour établir si le véhicule émet de la fumée opaque pendant plus de 10 secondes. Une fois l’infraction établie, le véhicule est intercepté et verbalisé, nous explique l’Inspecteur Jean-Nobin Brasse de la police de l’environnement.

37 contraventions depuis novembre

Environ 23 000 véhicules s’ajoutent à notre parc automobile chaque année alors que nous avons enregistré 556 001 véhicules en 2019. Depuis la publication de l’article en novembre 2019, la police de l’environnement a émis 37 contraventions pour émission de fumées. Les dernières statistiques soulignent que le taux d’émission de gaz à effet de serre par le secteur du transport augmente de 2,4 % en moyenne par an.

Sunil Dowarkasing, consultant en environnement : « Il faut revoir les lois sur les examens de fitness »

Sunil Dowarkasing

À quel point les véhicules fumigènes sont-ils dangereux ?
À Maurice, la pollution la plus dangereuse, c’est la pollution de l’air causée par les véhicules. Les industries polluent aussi, mais leurs émissions ne sont pas aussi dangereuses que celles des véhicules.

Pourquoi cela ?
La raison est simple. Les industries émettent selon des normes. Leurs cheminées sont à des hauteurs prescrites et les émissions sont emportées par les vents. Pour les véhicules, c’est différent, les membres du public reçoivent de la fumée en plein visage, sur la rue, quotidiennent. Et parmi les véhicules, ce sont les autobus qui émettent le plus.

Comment cette fumée est-elle un danger pour le public ?
La fumée émanant d’un moteur diesel contient des microparticules et des gaz. Ces substances se fixent à la peau, dans les poumons, les yeux, entre autres. Sur le long terme, les personnes affectées développent des maladies chroniques, voire des cancers. C’est un tueur silencieux !

Comment régler ce problème ?
Dans un premier temps, il faut revoir les lois sur les examens de fitness, et revoir les normes sur le taux d’émission des véhicules. Il faut aussi que, dans 10 ans, la flotte des compagnies d’autobus soit revue. Il faut remplacer les véhicules roulant au diesel par des véhicules électriques. Le métro doit devenir la moelle épinière du système de transport avec un système de feeders électriques. Il faut que dans 10 ans le métro soit étendu à toutes les régions du pays.

Pollution de l’air – Kavi Ramano en faveur d’une politique de « transport zéro émission »

Kavi Ramano

En novembre, dans une réponse au Défi Media Group, le ministre de l’Environnement, Kavi Ramano, avait affirmé que le ministère est en faveur d’une politique « zéro émission » dans le secteur du transport.

Dans ce contexte, le ministère de l’Environnement a développé la Global Fuel Economy Initiative qui vise principalement à réduire la consommation de fioul des véhicules (light duty vehicles qui font moins de 3 500 kg) dont la moyenne est de 8 litres pour 100 km pour se diriger vers une consommation moyenne de 4 litres pour 100 km en 2050. Ainsi la moyenne des émissions de dioxide de carbone (CO2) diminuera de moitié, passant d’une moyenne de 180 g de CO2 par km à 90 g de CO2 par km.

Un responsable du centre de contrôle technique (fitness) Autocheck Ltée : « Baisse de 50 % des autobus excessivement polluants »

Le taux d’émission de gaz reste décisif pour obtenir un certificat de fitness. C’est que fait ressortir un responsable du centre de contrôle technique (fitness) Autocheck Ltée, à Port-Louis.

Autocheck Ltée Le centre de fitness, Autocheck Ltée, à Port-Louis.

«Tout le procédé reste le même. La loi est là et on ne fait que l’appliquer. Depuis la parution de l’article sur les autobus ‘fumigènes’, il y a eu une prise de conscience. Auparavant nombreux étaient les autobus qui devaient repasser pour avoir leur certificat de fitness à cause de la fumée. Or, on a noté une baisse d’environ 50 %. La grande majorité est selon les normes », indique notre source.

Pour rappel, pour obtenir un certificat de fitness, un autobus doit passer par plusieurs étapes. La première est l’examen visuel. La deuxième, la plus importante, consiste à tester le taux d’émission de gaz avec un opacity meter. C’est à travers un conduit raccordé au tuyau d’échappement que se fait ce test. Trois échantillonnages sont pris et en dégageant une moyenne, on obtient le taux d’opacité. Il ne faut surtout pas dépasser les 50 %.

Au-dessus, l’autobus échoue à l’examen de fitness. Les gérants des compagnies d’autobus doivent effectuer les réparations nécessaires avant de se présenter de nouveau au contrôle technique. Faute de quoi, l’autobus n’a plus de certificat de fitness aussi longtemps que l’opacité n’est pas en-dessous de 50 %.

À noter que le rapport de fitness est exigé lors des contrôles routiers. Si les autorités arrêtent un autobus ‘fumigène’ et si le taux d’opacité est de 70 %, le gérant encourt une prohibition. L’autobus ne peut plus rouler et doit passer les tests pour un nouveau certificat en conformité.

38 000 morts annuellement

Selon l’initiative The Real Urban 2019, on estime que les véhicules qui carburent au diesel sont responsables du réchauffement de l’air et éventuellement de l’atmosphère. Sheila Watson, Deputy Director de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA Foundation), affirme que les véhicules qui utilisent le diesel sont responsables de 38 000 morts chaque année dans les grandes villes.

Autobus électrique – Swaley Ramjane : «Une option chère»

Face à ce problème qui perdure, les autobus électriques ne seraient-ils pas la meilleure des solutions ? Certes, répond Swaley Ramjane qui déplore que ces autobus coûtent très cher, à hauteur d’environ Rs 10 millions. Selon lui, ils seraient plus accessibles si le gouvernement proposait un subside pour encourager les compagnies d’autobus à s’en procurer.

Quant au CEO de Rose Hill Transport, le Dr Sidharth Sharma, il déclare que les tests pour les deux autobus électriques sont concluants. « On veut décarboner progressivement. Maurice étant signataire de la convention de Paris, on a le devoir de travailler pour baisser le taux d’émission de gaz à 30 % d’ici 2030. C’est un fait qu’après les centrales thermiques, c’est le parc automobile qui émet le plus de gaz. Il faut des moteurs plus performants aussi bien que du carburant de meilleure qualité », souhaite notre interlocuteur.

Le Dr Sidharth Sharma indique cependant qu’il y a toute une éducation à faire concernant les autobus électriques. Il faut exposer et expliquer la différence entre un moteur thermique et un moteur électrique. Il souligne que la compagnie Rose-Hill Transport a enclenché les procédures pour se procurer 13 nouveaux autobus électriques d’ici le mois de juin de cette année.

Du côté de la Compagnie Nationale de Transport (CNT), Sunil Gopal, le Communications and Public Relations Officer, affirme que la compagnie envisage de se tourner vers des autobus moins polluants. « On est plus à cheval sur les spécifications d’un autobus qui doivent être plus éco-friendly. Il y a un planning pour aller vers le vert. Dans le cadre du projet Green Mauritius, on va sans aucun doute aller dans ce sens », conclut-il.

Dr Sidharth Sharma : « Nous devons mettre de l’additif aux carburants pour moins d’émission de gaz »

Dr Sidharth Sharma Dr Sidharth Sharma

La compagnie a à cœur que ses autobus soient respectueux des normes établies. C’est ce qu’explique le Managing Director d’UBS, Swaley Ramjane. Il affirme aussi qu’à UBS, tous les autobus vont en servicing tous les 7 000 km, ce qui correspond en moyenne à une période de 20 à 30 jours. Si malgré ce contrôle, des autobus restent fumigènes, il indique cette situation peut s’expliquer soit par une injection en carburant mal calibrée soit par un raccord d’alimentation ou un turbo défectueux.

Toutefois, il reconnaît qu’il existe de « mauvais chauffeurs » qui ne savent pas conduire : « Malgré tout, il y a de ces chauffeurs qui ne se cassent pas la tête. Au lieu de démarrer sur la première vitesse, ils démarrent sur la seconde ou troisième. Automatiquement, il y aura de la fumée ».

Le Managing Director d’UBS explique que la compagnie essaye de sensibiliser et responsabiliser les chauffeurs qui ont un rôle important à jouer dans cette lutte contre ces cracheurs de fumées sur roues. D’ailleurs, des sanctions sont prises contre les récidivistes. « Quand il y a des plaintes, nous examinons l’autobus et s’il n’y a aucun problème avec le véhicule, de facto on sait que la faute est celle du chauffeur », poursuit Swaley Ramjane.

Ne pouvant pas mettre ces employés à la porte, ils sont toutefois convoqués devant un board disciplinaire pour les ramener à l’ordre. « On est obligé d’être sévère puisqu’il y va de notre image. Je n’aime pas recevoir des plaintes selon lesquelles nos autobus sont fumigènes », déplore-t-il.

Pour sa part, le Dr Sidharth Sharma, CEO de la compagnie Rose Hill Transport soutient également que l’entretien des autobus est au cœur du métier. « Nous sommes très soucieux de la qualité de l’air. Nos autobus sont souvent en servicing. Nous avons même des équipements pour tester l’émission de gaz. Déjà, dans les villes, la qualité de l’air est à déplorer. On ne souhaite pas qu’elle se détériore davantage avec des autobus qui crachent des fumées noires », lâche notre interlocuteur.

Selon le Dr Sidharth Sharma, il faut faire venir à Maurice des moteurs qui sont plus aux normes, notamment des Euro-4. Chez Rose Hill Transport, on a réalisé un benchmark pour obtenir des moteurs plus éco-friendly. « Il faut aussi mettre une norme sur la qualité des carburants. Nous devons mettre de l’additif pour que le taux d’émission de gaz soit moins important. Le mieux serait de passer à l’Euro-5 », affirme le CEO.

Sunil Gopal, Communications and Public Relations Officer de la CNT, déclare souvent que malgré l’entretien des autobus, le problème de fumée noire est récurrent. Selon lui, les raisons sont multiples et sont d’ordre technique. Il cite l’exemple de certains autobus qui n’émettent pas de fumée quand ils sont sur des routes plates mais commencent à fumer dès qu’ils entament une montée.

Pour ce qui est des chauffeurs, il met l’accent sur le fait qu’il faut miser sur la formation de ces derniers. « Cent chauffeurs ont été formés à la conduite par des professionnels de l’île de La Réunion. Puis, il y a eu un accord avec ABC Coach encore une fois pour des formations. Pendant un an et demi, les chauffeurs ont assisté à des cours théoriques et pratiques. Souvent, ils ne connaissent pas les manœuvres pour une meilleure conduite et pour être responsables », lance notre interlocuteur.

Il précise d’ailleurs que la compagnie a décidé de mettre sur pied un centre de formation. « On travaille déjà sur le projet. Il y a beaucoup d’implications. On essaye de trouver la meilleure formule », annonce Sunil Gopal, qui ajoute que le but est qu’il n’y ait plus de plaintes et qu’un meilleur service soit offert au public.

Dr Subhraj Mudoo : « Les véhicules qui roulent au diesel sont plus polluants »

Dr Subhraj Mudoo

La fumée des véhicules polluants va indubitablement aggraver l’état de santé d’un individu qui a un système respiratoire fragile, estime le Dr Subhraj Mudoo pneumologue à la Chest Clinic de Port-Louis. Il espère qu’il y aura davantage de véhicules électriques sur nos routes afin que l’air soit plus respirable.

« Si on pouvait réduire la quantité d’émanation de ce type de gaz, cela va certainement aider la population, car l’air sera moins pollué. Ce sera surtout bénéfique pour ceux qui ont un système respiratoire fragile »
Dr Subhraj Mudoo
Dr Subhraj Mudoo

Les chiffres du Health Statistics Report 2018 indiquent qu’il y a une augmentation des décès liés aux maladies respiratoires. Certaines maladies affectent davantage les hommes que les femmes. Qu’est-ce qui explique cette situation ?
Malheureusement, il n’y a pas d’études spécifiques qui ont été effectuées en ce qu’il s’agit des maladies respiratoires chroniques. L’étude effectuée en 2015, concernant les patients asthmatiques, a montré que chez les adultes, il y avait 9 % de la population qui souffraient de cette pathologie. L’étude qui a été réalisée en 2001 sur les enfants a montré que 11 à 12 % des enfants à Maurice étaient asthmatique, ce qui reflète la même tendance.

Est-ce que tous ces problèmes pourraient être liés aux facteurs allergènes présents dans l’atmosphère, comme l’émanation de fumée des véhicules sur nos routes et les cheminées des usines ?
Il y a plusieurs facteurs environnementaux en effet. Mais il y a aussi le facteur génétique qu’il faut prendre en considération, ce qui fait qu’une personne peut être prédisposée à développer une maladie respiratoire en interaction avec les facteurs environnementaux : la poussière, la fumée, les émanations en provenance des produits chimiques. En les inhalant, une personne peut développer des symptômes chroniques.

La fumée des véhicules va indubitablement aggraver l’état de santé d’un individu qui a un système respiratoire fragile, car cette fumée contient des gaz toxiques tout comme la fumée émanant des cheminées des usines. Il en est de même de la fumée d’un feu de feuilles sèches. Chez les asthmatiques, par exemple, il y aura une inflammation des bronches qui vont éventuellement se serrer, ce qui fait que la personne peut avoir des étouffements. D’autres peuvent tousser au passage d’un véhicule fumigène. Et dépendant du taux de gaz toxique inhalé, les symptômes peuvent être plus sévères. Même une personne qui n’a pas de maladie respiratoire peut aussi être affectée, car à long terme, si elle est exposée à de la fumée toxique, elle peut également développer une maladie inflammatoire chronique du système respiratoire. Ceux qui travaillent dans un garage mécanique, par exemple, sont plus exposés que d’autres.

Il y a aussi le Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui est une condition de santé qui ressemble à l’asthme, qui se présente avec des symptômes comme la toux, l’essoufflement à l’effort. Cela peut être exacerbé par les substances polluantes présentes dans l’air en affectant les bronches et les poumons et il y a une obstruction du passage de l’air à travers le système respiratoire. Si les symptômes sont sévères, la personne peut perdre connaissance et son état peut devenir grave.

Plusieurs années de cela les autorités ont introduit l’importation de l’essence sans plomb. Est-ce que cela a atténué la situation, selon vous ?
C’est une mesure positive dont les effets se feront ressentir sur le long terme. C’est ce qui est d’ailleurs recommandé sur le plan international. Heureusement qu’a Maurice, nous avons de l’essence sans plomb.
Il faut aussi souligner que l’intoxication avec la fumée des véhicules est causée principalement par le souffre et le monoxyde de carbone qui peuvent entraîner le décès du patient si elle est inhalée en grande quantité. Si on pouvait réduire la quantité d’émanation de ce type de gaz, cela va certainement aider la population, car l’air sera moins pollué. Ce sera surtout bénéfique pour ceux qui ont un système respiratoire fragile.

Quelles sont les autres mesures qui peuvent être prises pour diminuer le taux de gaz toxiques dans l’atmosphère ?
Le moyen le plus simple c’est de diminuer le nombre de véhicules polluant sur nos routes. Ce que nous voyons malheureusement d’année en année, c’est que le parc automobile ne cesse d’augmenter. Mais ce n’est pas tant les véhicules à essence qui sont les plus nocifs, mais ceux qui roule au diesel. Cependant, l’essence comme le diesel sont toxiques à long terme et cela peut être un danger pour ceux qui sont souvent exposés à leur fumée.

L’année dernière, nous vous avons interrogé dans le cadre d’un dossier sur les véhicules fumigènes ce qui nous a valu le prix du meilleur article de presse du Media Trust Award 2019. Avez-vous noté un changement depuis la publication de cet article ?
Oui, il y a eu davantage de contrôle de la part des autorités et du ministère de l’Environnement afin de sanctionner les propriétaires de véhicules fumigènes. Des mesures plus sévères ont été prises et leur présence est plus significative sur les routes pour vérifier l’état des véhicules. Cela va certainement porter ses fruits dans les années à venir.

Pensez-vous que les personnes qui souffrent d’un problème respiratoire devraient porter un masque pour se protéger ?
Malheureusement non, cela ne va pas suffisamment les protéger. Elles doivent tout simplement éviter au maximum les lieux où il y a de fortes émanations de fumée toxique ou les autres sources qui provoque leurs troubles respiratoires.

Que devrait-on faire d’autre pour respirer de l’air plus sain et ainsi combattre la pollution ?
Il faudrait planter des arbres partout, que ce soit dans notre jardin ou ailleurs. Les arbres ont un mécanisme pour filtrer l’air pollué. Cela peut être n’importe quelle plante, car elles absorbent le dioxyde de carbone pour libérer de l’oxygène.

Rajesh Bhagwan : « Il faut des normes plus strictes »

Rajesh Bhagwan

L’ancien ministre de l’Environnement (2000-2005) et député de l’opposition souhaite voir des lois plus sévères.

Il affirme qu’il faut revoir les examens de conformité à la National Land Transport Authority (NLTA). Il faut hausser les standards, affirme Rajesh Bhagwan.

« Je salue la police de l’environnement qui mène un combat contre ces véhicules polluants. Mais il faut augmenter leur effectif », explique-t-il.

Autre mesure que propose le député, c’est la révision de la qualité du diesel importé. Il ajoute que la State Trading Corporation (STC) doit commander un type de diesel moins polluant.

Ajouté à cela, le gouvernement doit, selon l’ancien ministre, former les policiers en général sur les infractions à l’Environment Protection Act. « Il ne faut pas se fier à la police de l’environnement ; chaque policier doit pouvoir verbaliser un chauffeur qui conduit un véhicule fumigène ».

Pour finir, Rajesh Bhagwan souligne qu’il faut instaurer une campagne de dénonciation sur nos routes, pour aider la police à agir.

Micro-trottoir : Danger des véhicules fumigènes

Six mois plus tard, après une première dénonciation, la situation est ne semble pas avoir progréssé significativement sur les routes. Le Dimanche/L’Hebdo s’est baladé avec micro en main pour savoir ce qu’en pensent nos citoyens et que faut-il faire, selon eux, pour y remédier.

Shirine, 63 ans, retraité

Shirine, 63 ans, retraité

« Sa bann lafime byen danzere pou bann dimoun asmatik sirtou. Je n’ai pas vu beaucoup de véhicules, mais il y a quelques-uns qui émettent de grosse fumée noire qui peut abîmer les poumons. Je trouve que les autorités font ce qu’il faut pour veiller à ce problème. Il y a des agents de police présents un peu partout sur la route aussi. »

Diveshi, 20 ans, étudiante, Mahébourg

Diveshi, 20 ans, étudiante, Mahébourg

« Ces véhicules doivent passer un bon ‘fitness test’ pour savoir s’il faut ou pas les mettre sur la route. Il y a certains qui ont leurs ‘fitness certificates’, mais n’empêche qu’ils émettent toujours des fumées noires. Cela affecte non seulement le système respiratoire des personnes, mais les éléments de ces fumées se déposent aussi sur les plantes. Il faut que les amendes imposées soit plus fort, car Rs 1 000 c’est peu quand on considère les recettes des compagnies de transport. »

Cédric Li, 25 ans, vendeur, Port-Louis

Cédric Li, 25 ans, vendeur, Port-Louis

« Bann bis fimizenn bizin fer aret roule ! Nous devons prendre exemple sur les autres pays et encourager les véhicules hybrides et électriques. Si c’est possible d’avoir un type de carburant plus ‘environnemental friendly’. Il faut augmenter les amendes, mille roupies, c’est trop peu, minimum, il faut que cela soit Rs 5 000 quand une personne est verbalisée pour des fumées noires. »

Mootoosamy Mootooveeren, 50 ans, chauffeur de taxi, Verdun

Mootoosamy Mootooveeren, 50 ans, chauffeur de taxi, Verdun

« Étant chauffeur de taxi, je suis souvent sur la route. La fumée des bus, surtout quand on roule derrière eux, réduit la visibilité sur la route. Lotorite pa pe pran kont. La National Transport Authority devrait aller sur le terrain faire des vérifications et voir comment ces bus et gros camions émettent autant de fumées noires. »

Cindy, Tranquebar

Cindy, Tranquebar

« Je vois en voyageant que des bus émettent des fumées qui ne sont pas bon pour la santé. Il faut faire des changements. Il faut avoir une rencontre avec les différents acteurs concernés pour trouver une solution à ce problème. »

Fabrice, Barkly

Fabrice, Barkly

« Ce sont les plus vieux bus qui sont la cause des fumées noires. Je ne comprends pas pourquoi on laisse rouler ces vieux bus. Il y a des enfants, des femmes enceintes, des vieux qui utilisent la route. Ils sont à risque, surtout ceux qui souffrent d’asthme. Il faut venir avec un plan financier pour aider ceux qui ont de très vieux véhicules à acheter un autre ou le changer. L’air est pollué ! »

Avinash, 39 ans, Comptable, Albion

Avinash, 39 ans, Comptable, Albion

« Ce n’est vraiment pas évident de rouler derrière les bus et camions fumigènes. Toutes les fumées viennent vers les voitures qui suivent. C’est un danger pour la santé. Il y a un manque de suivi auprès des véhicules qui émettent des fumées d’où la raison que la situation persiste toujours à Maurice. »