Pont Bon-Dieu : une grotte sous la forêt

Pont Bon-Dieu

Au milieu des bois gît un havre. Un lieu aussi paisible que caché, Pont Bon-Dieu est l’endroit idéal pour les explorateurs et les adeptes de la méditation en forêt. La visite en images…

Pont Bon-Dieu
L’accès à la cave est étroit et souvent les promeneurs peinent à voir.

Situé au sud du réservoir La Nicolière, dans le district de Flacq et à la lisière de celui de Moka, Pont Bon-Dieu abrite « sous une forêt » une clairière bordée par des caves et des falaises. En empruntant la route vers Les Mariannes, une bretelle asphaltée vers La Nicolière permet de rejoindre ce lieu. Les grands arbres en bordure de la route et l’air frais provoquent, déjà, un pressentiment d’abandon du vertige urbain.

L’entrée se situe aux abords d’un lieu de culte, dans un virage entre Eau-Bouille et Brisée-Verdière. Ceux qui s’y rendent pour la première fois le rate souvent. Des marches escarpées, taillées dans la pierre, mènent vers le fond d’une ravine aussi profonde qu’un bâtiment de quatre à cinq étages. Ce sentier et protégé, en partie, par des rampes en métal. Nous avançons sous le regard méfiant des singes qui sautent de branche en branche pour nous suivre. Mais c’est sans danger, car les primates sont habitués à la présence humaine. Un palier permet aux visiteurs de reprendre leur souffle et offre une vue imprenable sur le site. Lequel est dominé par la majestueuse entrée d’une cave, où entrent et sortent des hirondelles. à peine avons-nous posé les pieds dans la clairière que les moustiques nous encerclent. Devant nous se dresse un bel arbre endémique appelé Bois-Chandelle, sur lequel rampe un gecko. Des amoureux des lieux ont tracé un sentier bordé par des vieux pneus et des rochers. Il mène vers les falaises et les grottes.

Pont Bon-Dieu
La cave principale est facile d’accès mais les rochers glissants comportent des risques pour les visiteurs.

Les rayons du soleil percent timidement l’épaisse canopée encerclant la ravine, donnant un aspect de lumière tamisée. C’est aussi pour cela qu’il y fait frais. Au sol, les arbustes, herbes et fougères poussent entre le tapis de feuilles mortes qui jonchent le sol humide. On se croirait dans la préhistoire. Au fond de la ravine se dressent les falaises faites de rochers aiguisés que les fougères peinent à cacher. Elles abritent deux grottes, une petite et la cave principale, aussi grande qu’une maison. Entre les cavités des parois rocheuses coulent des gouttelettes d’eau de pluie retenues par le sol. Au pied des falaises gisent des rochers, gros comme des voitures, qui se sont détachés de la paroi, lasses d’être suspendus et poussés par l’érosion. Au coin des rochers, des preuves du passage des hommes… irresponsables. Quelques récipients en plastique, une bouteille de liqueur et du papier toilette.

Pont Bon-Dieu
La clairière surplombée par les falaises est recouverte d’une épaisse canopée.

Il faut remonter par un sentier glissant pour atteindre l’entrée de la grotte principale. L’odeur de crottin de chauve-souris pique le nez, alors que les échos des chants des hirondelles raisonnent. Cette grotte, aussi vaste que mystérieuse, donne sur une ouverture. Il s’agit d’une partie effondrée de la grotte, où poussent des arbres et chantent des oiseaux. Pour atteindre ce lieu, il faut, cependant, traverser l’obscurité de la grotte et ses rochers boueux et aiguisés.

Pont Bon-Dieu
La grotte abrite des espèces d’animaux comme des chauve-souris et des irondelles.

Un passage à Pont Bon-Dieu permet de s’isoler un instant de l’air pollué, du bruit de la machinerie urbaine, du rush et d’être loin de tous. Certains adeptes de la méditation s’y rendent souvent pour « faire le vide ».

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