La Vallée de Ferney : Joyau de la biodiversité

Vallée de Ferney

On accède facilement à la Vallée de Ferney à partir de l’autoroute du Sud avant de bifurquer à gauche pour atteindre Ferney. On peut aussi passer par Mahébourg en suivant la côte ou y arriver par l’Est.

Vallée de Ferney
Le bus qui dessert la Vallée. À côté, le restaurant.

Première étape : l’arrivée sur le parking de l’ancienne usine de Ferney. Ne ratez pas une exposition sur la faune et la flore locale ainsi que sur l’histoire de la région, riche en vestiges hollandais et français. Puis, on choisit d’être guidé ou pas. Attention, vous y apporterez de l’eau mais pas de nourriture. Si vous y allez pour la première fois, je vous conseille la visite guidée. Il (ou elle) vous fera découvrir les arbres indigènes et les projets de conservation dans l’un des rares sanctuaires naturels de l’île, vaste de 200 hectares. Puis un minibus vous transporte deux kilomètres plus loin au pied de la montagne d’où commence la randonnée.

Deux randonnées se pratiquent dans la Vallée de Ferney. La première dure 1 h 30 sur un circuit de trois kilomètres. La seconde, plus haute et deux fois plus longue, rejoint la première pour arriver au restaurant où l’on reprend le bus. Aucun risque de s’égarer sur ces sentiers dessinés comme un fer à cheval vu l’absence d’autres passages. Après avoir traversé deux rivières et des sources, on pousse une porte pour avoir accès à la forêt protégée. Moi, promeneur solitaire, je préfère le second itinéraire. Le parcours est plus long, plus raide, dure trois heures et même plus si l’on s’y attarde pour s’imprégner de la nature. Peu de gens y vont et pourtant c’est très accessible, sans difficulté majeure. J’y vais parce que les animaux et les oiseaux se tiennent loin du circuit plus court et très visité par les Mauriciens et les étrangers. Les bruits des pas et des conversations les gênent. Sur ce sentier, plus haut dans la vallée, on est vraiment à flanc de montagne, les cascades sont presque verticales et beaucoup plus belles. Et on voit les animaux.

Moi, un habitué de ce site d’éco-tourisme de référence, je préfère m’y aventurer sans guide et seul, un jour de semaine où il y a moins de monde. Dans un exil social volontaire. Dans le silence.

Mais la forêt de Ferney est-elle silencieuse ? Non. Je suis dans un autre univers sensoriel, à l’écoute de bruits ou de sons beaucoup plus reposants que ceux de la ville. Les sens éveillés, je peux humer les essences indigènes et les feuilles en décomposition, entendre le frottement des troncs d’arbre, le ruissellement de l’eau, le grondement des cascades, le bruissement des feuilles, les chants des oiseaux, les jacassements des singes. Et je caresse du regard des arbres indigènes centenaires, des plantes rares, des papillons multicolores, des oiseaux tout heureux de ne pas être dérangés. Avec des binocles, c’est moins difficile d’admirer notre magnifique oiseau rapace, le Kestrel. Une fois, j’ai été intimidé par l’oiseau. Quittant un grand arbre, il plonge juste au-dessus de moi quatre fois de suite comme pour me faire fuir son territoire. La vue de cet oiseau, les ailes déployées, fonçant sur moi, reste à mes yeux un ballet impérissable de la nature.

En sortant de la forêt, prenez une montée à gauche pour atteindre en trois minutes une belle clairière herbue d’où, assis sur l’herbe, vous pourrez admirer tout le panorama verdoyant du Sud-Est, les taches sombres des nuages surplombant montagnes et vallées, et, plus loin, la mer turquoise.

Je quitte toujours la Vallée de Ferney à contrecœur. Mais je la quitte décompressé, purifié, calme et plus vigoureux pour continuer à vivre le miracle de la vie.